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2012, la fin du monde ?

Il fut un temps où l’on parlait de la fin du monde.
C’était en 2012. Les calendriers s’arrêtaient, les théories circulaient, et l’idée d’une rupture planait dans l’air. Certains y voyaient une catastrophe. D’autres, la fin d’un cycle.
Pour beaucoup de jeunes, aujourd’hui encore, cette fin n’a jamais vraiment pris fin.

Car le monde actuel ressemble souvent à un carrefour sans panneaux. Les diplômes s’accumulent, les repères se brouillent, les promesses d’hier ne tiennent plus. On étudie sans savoir où cela mène. On cherche sa place sans savoir par où commencer. On avance, parfois, sans direction claire.

 

En 2012, trois jeunes bacheliers se tenaient déjà à ce carrefour.
Un rêve simple, presque universel à l’époque : intégrer une célèbre faculté de médecine. Les listes des admis sont tombées. Une première fois. Puis une seconde. Puis une dernière fois. À chaque fois, l’attente. À chaque fois, l’espoir. Et à chaque fois, le même vide. Aucun nom retenu.

 

Ce jour-là, quelque chose s’est effondré. Pas seulement un projet d’études, mais une certitude. Celle que l’effort ne garantit pas l’atteinte de nos objectifs. Celle que le choix n’est qu’une illusion.

Le découragement s’est installé, silencieux, profond, semblable à ce que vivent aujourd’hui tant de jeunes qui ne savent plus vers quoi se tourner.

La naissance d’une résilience

Avec le recul, une autre lecture s’est imposée.
Pour ces trois jeunes, arriver jusque-là n’avait rien d’évident. Toutefois, les obstacles traversés, les épreuves qu’ils ont passées, dans des contextes parfois hostiles, leur ont permis de forger une résistance intérieure. Une résilience discrète, mais bien réelle. Et surtout, une prise de conscience essentielle : cette histoire n’était pas unique. Elle était collective.

Partout, des jeunes se retrouvaient dans la même impasse. Des rêves suspendus. Des talents inemployés. Des capacités inexploitées. Faute de repères, faute d’accompagnement, faute d’alternatives visibles.


C’est dans ce moment de rupture qu’est née une conviction profonde : si les chemins existants ne mènent plus nulle part, alors il faut en créer de nouveaux.
Pas des raccourcis.
Pas des illusions.
Mais des voies ancrées dans le réel.

Le choix de nouvelles voies

Les années qui ont suivi ont été marquées par le partage et la transmission. Enseigner, expliquer, accompagner. Souvent sans contrepartie. Parce que la connaissance, lorsqu’elle circule, redonne du pouvoir. Mais aussi parce qu’elle révèle une vérité essentielle : sans valeurs, sans éthique, sans responsabilité, le savoir peut perdre sa raison d’être.

 

Parallèlement, l’expérience du monde professionnel les a exposés à une autre fracture. Des espaces où l’on demande d’attendre, des compétences prises pour acquis. Un monde du travail où l’on valorise l’immobilité plus que l’apprentissage. Où le potentiel humain s’épuise à force de ne pas être reconnu. Là encore, un refus s’est imposé : celui de se résigner.

 

Alors une idée a pris forme. Lentement. Solidement.
Créer un espace où l’on apprend en faisant.
Un espace où l’on transforme les contraintes en leviers.
Un espace où la réussite ne se mesure pas seulement en chiffres, mais en impact réel.

La naissance d’un souffle

C’est ainsi qu’est née F’aingo.

Les débuts ont été difficiles. Peu de moyens. Beaucoup de solitude. Un apprentissage autodidacte permanent. Mais aussi une volonté farouche de poser des bases solides — humaines, techniques et éthiques.

De cette épreuve est née l’identité de F’aingo : une structure construite par la résilience, guidée par le sens et tournée vers l’action.

 

Aujourd’hui, F’aingo existe pour celles et ceux qui ne savent plus où se tourner. Ceux qui savent que les manières de faire actuelles ne sont pas les meilleures et qu’il faut en créer de nouvelles, plus adaptées.
Pour les jeunes qui cherchent leur place dans un monde incertain. Pour les idées encore fragiles, mais porteuses de solutions. Pour transformer les fins apparentes en commencements concrets.

Car peut-être que 2012 n’annonçait pas la fin du monde, mais la fin d’un monde qui ne répond plus aux réalités d’aujourd’hui.
Et F’aingo est née précisément là : dans cet espace entre la perte de repères et la création de nouvelles voies, où la connaissance, la nature et l’innovation deviennent des outils pour avancer — ensemble.

Pourquoi F'aingo?

Parce qu’en malgache, F’aingo [ faiŋ͡gʲʷ] signifie la virgule. Une ponctuation discrète mais essentielle : elle ne rompt pas le sens, elle le régule. Elle invite à s’arrêter sans s’effondrer, à respirer sans renoncer, à reprendre le fil avec plus de clarté.

F’aingo, c’est ce temps que l’on s’accorde pour se poser, s’ancrer dans son époque et retrouver du sens, plutôt que de subir le rythme effréné des urgences quotidiennes. Là où le monde pousse à courir sans réfléchir, F’aingo propose une pause consciente — non pas pour fuir, mais pour mieux avancer.

Ce principe résonne avec le feng () chinois, le vent : invisible mais puissant, il ajuste, harmonise et fait circuler l’énergie sans rupture. Comme le vent, F’aingo ne stoppe pas le mouvement, il le régule, crée un rythme mesuré et durable.

F’aingo n’est pas un geste ponctuel, mais une manière de faire, inspirée par l’observation de la nature et des cultures. C’est une méthode pour avancer avec conscience, équilibre et sens, en respectant les rythmes plutôt qu’en les subissant.